mercredi 8 octobre 2025

L’approche une seule santé pour répondre aux enjeux urbains de demain

Chapitre : Santé et sciences de la vie

Par : Ville de Lyon / Université de Montréal

Parc de la Tête d'Or (10h30-12h) - I-Factory, Campus LyonTech La Doua (12h-16h)

Cette journée vise à entretenir la réflexion entre acteur.rices québécois et français sur l’approche Une Seule Santé (USS) en milieu urbain, en explorant son intégration dans la prise de décision en santé publique. L’identification de grands invariants méthodologiques (transdisciplinarité, science participative, intersectorialité) illustrés par des cas pratiques, permettra de véritablement mettre en action l’approche USS dans des réalités partagées entre la France et le Québec en passant de la philosophie à la pratique. L’opportunité de réunir des professionnel.le.s de contextes et cultures différentes, permettra d’échanger sur la faisabilité et les méthodes pour déployer le concept USS dans les politiques publiques de nos villes, en France comme au Québec.

Lien de connexion pour participer en visioconférence (logiciel Webex): https://univ-lyon1.webex.com/univ-lyon1/j.php?MTID=m44dbfd3850f6c687ecbfc056498c1117

Numéro de Réunion: 2795 571 1650 // Mot de passe de Réunion: wJxNjYAJ328

Programme

  • 10h30 ― Déambulation Une Seule Santé

    • Fabrice Vavre, Directeur de recherche, CNRS
    • Cécile Aenishaenslin, Chercheuse, Université de Montréal
    • Maxime Gandy, Doctorant en neurosciences, Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (CRNL)

    Cette conférence déambulatoire, organisée au parc de la Tête d’Or (Lyon 6) par le projet SHAPE-Med@Lyon en association avec Rémi Fay (Laboratoire de Biométrie et Biologie Évolutive) et Fabien Nuti, responsable pédagogique du service Lyon Nature de la Ville de Lyon, vous permettra de découvrir l’approche « Une Seule Santé » à travers des thématiques telles que les zoonoses, la gestion des espaces verts et les prescriptions de nature. Cette balade, animée par des experts, a comme objectif d’illustrer l’interconnexion qui existe entre la santé humaine, animale et environnementale.​

    RDV directement au Parc de la Tête d’or, au pied de la statue de la Centauresse, porte des Enfants du Rhône.

    A la suite de cette déambulation, les participants seront accompagnés pour rejoindre à pied la I-Factory (Campus LyonTech La Doua), lieu des conférences de l’après-midi. Un déjeuner sera offert à l’issue de la déambulation, avant le début des conférences

  • 12h45 ― Mot d'ouverture

    • Céline de Laurens, Adjointe au Maire de Lyon, Ville de Lyon
    • Luc Stafford, Vice-recteur adjoint à la recherche, Université de Montréal

    Lieu des conférences: I-Factory, Campus Lyon-Tech La Doua, 10 Av. Jean Capelle O, 69100 Villeurbanne.

    Céline de Laurens, Élue écologiste, est Adjointe au Maire de la Ville de Lyon en charge de la Santé, de la Prévention et de la Santé Environnementale depuis 2020. En tant qu’Adjointe, elle est fortement engagée pour réduire les inégalités sociales, territoriales et environnementales avec une approche holistique et One Health. Diplômée en Sciences Humaines et Sociales, elle a débuté sa carrière professionnelle au sein d’ONG françaises travaillant contre l’exclusion sociale des populations vulnérables, sur les questions de santé, de migration et pour l’égalité des sexes. Elle a travaillé 10 ans comme conseillère des représentants du personnel dans le secteur des établissements sanitaires et sociaux de santé. Mère de 3 enfants, elle est très investie dans son quartier.

    Luc Stafford pilote, avec Julie Carrier et Nicolas Macia, l’Initiative Une Seule Santé à l’Université de Montréal. L’Initiative Une seule santé vise à promouvoir et soutenir des approches interdisciplinaires, intersectorielles, inclusives et systémiques pour repenser les réponses aux enjeux actuels et futurs de la santé qui se situent à l’interface humain-animal-environnement. Une seule santé (One Health) désigne une « approche intégrée et unificatrice qui vise à équilibrer et à optimiser durablement la santé des personnes, des animaux et des écosystèmes. Elle reconnaît que la santé des humains, la santé des animaux domestiques et sauvages, la santé des plantes et celles de l’environnement au sens large (y compris les écosystèmes) sont étroitement liées et interdépendantes. L’approche mobilise de multiples secteurs, disciplines et communautés à différents niveaux de la société ».

  • 13h00 ― One Health 4 Cities

    • Guillaume Fauvel, Directeur de la Santé, Ville de Lyon

    Guillaume Fauvel est médecin de santé publique et Directeur de la Santé de la Ville de Lyon. Avec son équipe, il contribue à la définition et à la mise en œuvre de la politique communale de santé décidée par les élus locaux.

    Il a également travaillé à l’international dans plusieurs ONG, en Asie, Proche Orient et Amérique Latine.

    Il s’est impliqué depuis une trentaine d’années sur des thématiques de santé publique variées, en particulier dans le domaine de la santé environnementale et la thématique One Health / Une seule santé. Il contribue au développement de partenariats européens, scientifiques et institutionnels.

  • 13h20 ― L'approche glocale en faveur d'une seule santé urbaine

    • Evelyne de Leeuw, Professeure, Université de Montréal

    Evelyne de Leeuw est titulaire de la chaire d’excellence en recherche du Canada, Une Seule Santé Urbaine, depuis septembre 2023. Neuf chercheurs et chercheures de l’université de Montréal complètent l’équipe scientifique. À laquelle s’ajoute treize partenaires externes, de l’OMS à la coalition des tables de quartier de Montréal, en passant par l’Espace pour la vie.La programmation scientifique de la chaire se place à la rencontre des concepts Une Seule Santé et des Villes en Santé.

    Une Seule Santé considère les santés des humains, animaux et écosystèmes comme étroitement liées. Cette approche intégrée vise à trouver un équilibre propice, pour l’optimisation de la santé de tous. Les Villes en Santé reposent sur la mise en place de politiques publiques favorables à la santé et la qualité de vie, qui s’appuient sur des stratégies d’empowerment et de participation citoyenne.

    Ce contexte propice permet de mener une réflexion autour des mécanismes de gouvernance en place pour l’adoption d’un prisme Une Seule Santé au sein des villes. L’approche glocale, articule la réflexion autour des connexions entre le niveau local et global, pour une appropriation de l’approche.

  • 13h40 ― Observatoire des Solutions fondées sur la Nature par une approche One Health en métropole lyonnaise

    • Sabine Caillaud, Chercheuse, GRePS Lyon 2
    • Agnès Leblond, Professeure en médecine vétérinaire, VetAgro Sup

    Les solutions fondées sur la nature en ville (SfN) font désormais partie des solutions adoptées par de nombreuses villes afin de faire face aux enjeux du changement climatique et de la perte de biodiversité. Bien que ces SfN soient envisagées comme prometteuses, leurs effets sur la santé environnementale, animale et humaine restent peu étudiés.

    En s’appuyant sur une approche One Health, le projet SONAR@Lyon, financé par SHAPE-Med@Lyon, a pour finalité de proposer aux décideurs une méthodologie d’analyse et d’aide à la décision multicritères pour un déploiement des SfN. Plus spécifiquement, ce projet vise à développer des méthodes et outils de suivi de la biodiversité et du risque infectieux (arboviroses, leptospirose, Borreliose), à faire le lien entre la présence du risque biologique et la santé animale dans les sites SfN (carnivores domestiques), à saisir les bénéfices et risques perçus en termes de santé physique et mentale chez les usagers des SFN, et à installer les conditions du dialogue territorial pour mettre en œuvre une méthodologie d’analyse et d’aide à la décision multicritères.

  • 14h00 ― Soutenir les interventions en matière de changement climatique en faveur de la santé et de l'équité en milieu urbain : une approche par le système complexe participatif

    • Yan Kestens, Chercheur, Université de Montréal

    Les études en santé urbaine visent à produire des données probantes sur l’impact de l’environnement social et bâti sur la santé de la population. Le besoin actuel de stratégies d’atténuation des conséquences du changement climatique, d’adaptation et de résilience indique que les interventions doivent également améliorer les conditions urbaines, la santé et l’équité au sein d e la population. Cependant, les enjeux liés à l’évaluation de la causalité limitent notre capacité à produire des données probantes utiles et à soutenir la prise de décision. Les perspectives de systèmes complexes qui intègrent mieux l’équité peuvent fournir des preuves – et des outils – plus utiles pour la prise de décision. Les processus participatifs, utiles pour exploiter les connaissances pratiques et promouvoir l’équité et la représentation des voix, sont actuellement sous-utilisés, mais ils sont bien adaptés pour aborder les interventions en matière d’environnement bâti et d’urbanisme grâce à leur capacité à mobiliser une diversité de connaissances locales de la part des citadins et citadines.

    L’objectif global est de développer et d’appliquer une combinaison d’approches de modélisation et de simulation de systèmes complexes pour analyser la dynamique de la santé urbaine liée à l’atténuation du changement climatique, à l’adaptation et à la résilience, en mettant l’accent sur le transport, l’écologisation et la cohésion sociale.

  • 14h40 ― Etude transdisciplinaire des bénéfices de la nature sur la santé : des mécanismes aux interventions

    • Costanza Puppo, Postdoctorante en psychologie sociale de la santé, Laboratoire RESHAPE
    • Maxime Gandy, Doctorant en neurosciences, Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (CRNL)

    S’exposer à la nature apporte de nombreux bénéfices sur la santé et le bien-être, au niveau physique, mental et social. Pourtant, à une ère où la majorité de la population vit en milieu urbain, les individus sont de moins en moins en contact avec la nature. Dans une perspective de santé publique, l’exposition à la nature peut être considérée comme un comportement favorable à la santé à promouvoir.  Si dans certains milieux la prescription de nature s’est développée, comme pour les bains de forêts (sylvothérapie) au Japon, il reste encore des questions sans réponse :

    Quels sont les mécanismes de l’impact de la nature sur la santé ? Quel est le niveau d’exposition de la population et quels sont les liens entre cette exposition et les comportements de santé et proenvironnementaux ? Quelles sont les représentations sur l’exposition à la nature de la population et des professionnels de santé ? Comment l’intégrer dans les pratiques ? Natur’Health, financé par SHAPE-Med@Lyon, propose d’étudier les liens entre nature et santé pour répondre avec une approche transdisciplinaire à ces questions.

  • 15h00 ― PARCS en Santé : Mitiger les impacts des changements climatiques sur la santé humaine et des écosystèmes dans les parcs natures périurbains par la science citoyenne

    • Cécile Aenishaenslin, Chercheuse, Université de Montréal

    Le projet PARCS en Santé souhaite, par la science citoyenne, mobiliser les utilisateurs et utilisatrices des parcs pour qu’ils participent à la préservation des grands parcs naturels et à l’amélioration de la prévention des maladies transmises par les tiques.
    Les parcs naturels situés proches des zones urbaines ne sont pas seulement des refuges pour la faune et la flore, ils sont aussi des alliés précieux. Ils permettent de se reconnecter à la nature et contribuent à la santé et au bien-être.
    L’expansion des villes, l’agriculture ou les autres activités industrielles exercent une pression croissante sur ces milieux ce qui affecte de nombreuses espèces. Par exemple, les changements climatiques permettent aux tiques qui peuvent transmettre des maladies comme la maladie de Lyme, d’être de plus en plus nombreuses au sud du Québec. D’autre part, la régénération de la forêt est menacée par le broutage d’abondantes populations de cerfs de Virginie et par une surutilisation des parcs par des visiteurs.

  • 15h20 ― Construire ensemble la préparation aux crises sanitaires dans l’Amazonie brésilienne : l’étude ECO-Amazon

    • Dulce Ferraz, Professeure junior, INSERM

    Les maladies infectieuses émergentes et réémergentes (MIE) représentent aujourd’hui une menace majeure pour la santé mondiale. Les forêts tropicales, en particulier, sont confrontées à une vulnérabilité accrue en raison de la richesse en pathogènes, des difficultés d’accès aux soins dans les zones isolées, et des effets du changement climatique. Dans la région du Moyen Juruá (MJ), située dans l’État d’Amazonas au Brésil, ces conditions sont bien présentes. Toutefois, la forte organisation sociale des communautés locales a permis le développement de stratégies innovantes de conservation de la biodiversité et de développement social, qui peuvent également contribuer à renforcer les capacités locales de réponse en santé. Adoptant une approche de recherche communautaire, l’étude ECO-Amazon vise à examiner et à améliorer les conditions institutionnelles, psychosociales et épidémiologiques qui influencent la capacité des communautés à se préparer aux MIE dans la région du MJ. Pour cela, une méthodologie mixte sera mise en œuvre, combinant des approches ethnographiques et épidémiologiques. Les premières collectes de données sont prévues pour août 2025. L’étude est menée dans le cadre d’un partenariat entre l’Université Lumière Lyon 2 et l’Instituto Juruá — une organisation à but non lucratif basée dans la région — en collaboration avec l’Instituto Nacional de Pesquisa sobre a Amazônia (INPA).

  • 15h40 ― Approches décoloniales en contexte colonial : la collaboration avec les communautés autochtones au Québec

    • Jessica Neicun, Chercheuse post-doc, Université de Montréal

    La collaboration avec les communautés autochtones dans le domaine scientifique et/ou dans l’élaboration de politiques publiques fait face à plusieurs défis de taille au Québec. Leur implication dès la conception des initiatives, dans une optique de reconnaissance des droits et de dialogue de nation à nation, ne semble pas toujours possible dans un contexte de colonialisme de peuplement. De plus, les traumatismes liés aux politiques d’assimilation sont très présents parmi les membres des communautés autochtones, ce qui constitue une entrave à leur participation aux initiatives promues par des institutions publiques. Parmi les chercheurs et décideurs politiques, l’esprit critique vis-à-vis de ces réalités historiques et de leurs manifestations contemporaines, ainsi que la responsabilité relationnelle apparaissent comme autant de leviers au rapprochement avec les Premiers Peuples.

Intervenants

Fabrice Vavre

Directeur de recherche

CNRS

Cécile Aenishaenslin

Chercheuse

Université de Montréal

Maxime Gandy

Doctorant en neurosciences

Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (CRNL)

Céline de Laurens

Adjointe au Maire de Lyon

Ville de Lyon

Luc Stafford

Vice-recteur adjoint à la recherche

Université de Montréal

Guillaume Fauvel

Directeur de la Santé

Ville de Lyon

Evelyne de Leeuw

Professeure

Université de Montréal

Sabine Caillaud

Chercheuse

GRePS Lyon 2

Agnès Leblond

Professeure en médecine vétérinaire

VetAgro Sup

Yan Kestens

Chercheur

Université de Montréal

Costanza Puppo

Postdoctorante en psychologie sociale de la santé

Laboratoire RESHAPE

Dulce Ferraz

Professeure junior

INSERM

Jessica Neicun

Chercheuse post-doc

Université de Montréal